Publié dans le
CALENDRIER LITURGIQUE DE SEPTEMBRE 1998
- : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : -

Parlons maintenant de l’année liturgique.

Traditionnellement, elle ne commence pas le 1er janvier, mais le 1er septembre.

Pour nous qui suivons, pour les fêtes fixes, le calendrier du " nouveau style ", il s’agit du mardi premier septembre 1998.

Pour ceux qui observent le calendrier de l’" ancien style ", le " premier septembre " a lieu le lundi 14 septembre 1998 de notre calendrier.

        Le premier septembre a été choisi comme début de l’année ecclésiale par les Père du Concile de Nicée (325) en souvenir de la lecture à la synagogue de Nazareth par N.S. Jésus-Christ de la péricope du prophète Isaïe inaugurant Sa prédication, précisément, selon les Pères du Concile, au début de l’année hébraïque (Luc 4, 16-21, Isaïe 61, 1-2). (D’après S. V. Boulgakov, Livre de chevet pour les célébrants, Ménées, pp.307-308 ). (A titre documentaire : cette année, l’année hébraïque commence le 21 septembre (1er tichri) .)

        Les Pères du Concile ont clairement choisi pour l’Eglise le calendrier solaire de l’Empire Romain bien qu’ils aient imité le début de l’année hébraïque ; celle-ci commençant le 1er tichri est basée sur un calendrier lunaire, et le 1er tichri oscille à l’intérieur de notre mois de septembre. D’où le choix pratique du 1er septembre (d’autant plus qu’il est aussi la date de la victoire, en 312, de l’Empereur Constantin contre son adversaire Maxence, victoire qui marque la fin des persécutions (Boulgakov p.308)).

        Pour les fêtes fixes, notre calendrier est le calendrier Mélétien (du nom du patriarche Mélétios IV qui présida le congrès de Constantinople sur ce sujet en mai 1923), qui se confond de nos jours avec le calendrier Grégorien (il sera " meilleur " que lui, d’un jour, en l’an 2800 !). Mélétien ou Grégorien, il s’agit d’un calendrier Julien corrigé de sa dérive d’un jour tous les 128 ans sur le Soleil (dont les Pères du Concile de Nicée ne s’étaient pas aperçus) et rétabli dans son état de l’époque du Concile de Nicée.

        Le patriarche Mélétios IV avait aussi envisagé la correction des dates de Pâques et des autres fêtes mobiles, afin de mettre fin au décalage de 13 jours pour l’équinoxe et de 4 jours pour la pleine lune. Ses conseillers, bénéficiant des connaissances astronomiques et mathématiques du XXe siècle avaient proposé un procédé de détermination de la date de Pâques encore plus précis que les tables Grégoriennes. En effet celles-ci, conçues au XVIe siècle, remplacent la lune réelle, " irrégulière " par une lune fictive régulière et sont d’un maniement complexe. Partant de la définition du Concile de Nicée " Pâques est le dimanche après la pleine lune qui a lieu à l’équinoxe de printemps ou immédiatement après ", les auteurs du calendrier Mélétien ont proposé de définir l’équinoxe et la pleine lune tout simplement en observant (ou calculant) l’état du ciel vu du méridien de Jérusalem (précisément du méridien passant par le Tombeau du Christ).

        Mais le régime bolchévique russe et la révolution turque ont causé à l’Eglise des soucis plus existentiels que celui-là et, presque toutes les communautés de " nouveau style " retournent à l’" ancien style " pour la fête de Pâques, ceci afin de la fêter en même temps que (presque) toute l’Eglise orthodoxe, par souci pastoral.

        (Passons pour le moment sur certains autres arguments qui poussent à garder l’ancien style pour Pâques : ils méritent une réponse spécifique et développée.)

Protodiacre André
- : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : -

Publié dans le
CALENDRIER LITURGIQUE DE SEPTEMBRE 1999
- : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : - : -

L’année liturgique.

        L’année liturgique ne commence pas le 1er janvier, mais le 1er septembre. Cela signifie que nous sommes déjà, liturgiquement parlant, dans l’année 2000 et chacun sait l’importance particulière que revêtira cette année.         Au risque de paraître encombrer l’esprit de mes lecteurs, il me semble nécessaire de faire sur ce chiffre de 2000 une remarque : on sait depuis des siècles que le moine Denys le Petit ( VIe siècle ) qui a calculé l’année de la naissance de Notre Seigneur, s’est trompé de plusieurs années.
        Si par exemple avec l’astronome Kepler ( en 1606 ) on veut bien assimiler la triple conjonction des planètes Saturne et Jupiter, durant l’an 7 avant notre ère, avec l’étoile de Bethleem ( l’un parmi les meilleurs des phénomènes célestes candidats à ce rôle ), alors le 2000e anniversaire de la naissance de Jésus-Christ a eu lieu, à quelques mois près, en 1994 !
Cette remarque n’est pas inutile. Des articles sur ce sujet sont parus çà et là depuis plus de 20 ans et il faut s’attendre à une forte recrudescence de ceux-ci à l’approche du 1er janvier " 2000 " et pendant l’année. Certains seront probablement malveillants à notre égard et ne manqueront pas de nous faire complaisamment remarquer par exemple, que le roi Hérode est mort en l’an 4 avant... notre ère.
        Mais le calendrier tourne et a été adopté par le monde entier, avec sa petite erreur qui devient secondaire, et l’Eglise continue de se baser dessus.
        Nous entrons donc dans l’an 2000 conventionnel et c’est à lui que l’Eglise orthodoxe et les autres communautés chrétiennes ont choisi de donner le caractère d’un jubilé. De nombreuses manifestations ecclésiales auront lieu dans le cadre de ce jubilé.

        Sur un plan plus pratique, voyons maintenant quelles seront les fêtes principales, c’est à dire les 12 Fêtes du Seigneur et de la Mère de Dieu.

        Juin 2002 : la liste ci-dessous est "rafraîchie" pour l'année liturgique 2002-2003.
 

8 septembre : Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu.
14 septembre : Exaltation de la Croix.
21 novembre : Présentation de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple.
25 décembre : Noël – Nativité du Christ.
6 janvier : Baptême du Christ.
2 février :  Sainte Rencontre.
25 mars : Annonciation à la Mère de Dieu.
7/20 avril : Dimanche des Rameaux – Entrée du Seigneur à Jérusalem.
14/27 avril : PâquesRésurrection du Christ. (Pâques occidentales : le 20 avril. )
23 mai/5 juin : Ascension.
2/15 juin : Pentecôte.
6 août : Transfiguration.
15 août : Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu.
 
           Date des fêtes fixes : elles sont données ci-dessus en dates officielles , autrement dit, pour nous, paroisse de " nouveau style ", pour l’Eglise Bulgare, pour l’Eglise Grecque, etc., il s’agit des dates du calendrier civil (grégorien). Par contre, dans l’Eglise Russe, l’Eglise Serbe et d’autres, on suit le calendrier julien et pour trouver les dates " réelles " du calendrier civil on doit ajouter 13 jours. Par exemple, la Paroisse (russe) des 3 Saints Hiérarques de notre diocèse fête la Nativité de la Mère de Dieu le samedi 21 septembre et l’Exaltation de la Croix le vendredi 27 septembre ; Noël sera fêtée le mardi 7 janvier 2003.

           Date des fêtes mobiles : elles sont données ici en double datation julienne/civile, car au lieu d’appliquer aussi à la date de Pâques le " nouveau style ", nous retournons au calendrier julien pour fêter Pâques en même temps que presque toute l’Eglise orthodoxe.

        En vous souhaitant une bonne année liturgique.

Protodiacre André.
 
Retour à la page précédente